A l'origine: le timbre. Nous sommes au début des années
60. Pour pallier au manque de joueurs, et trouver une parade à la difficulté de mettre autour
d'une table des partenaires de jeux de plateau, des inconnus (américains, probablement) inventent
le Play By Mail (dit PBM) ou
jeu par correspondance (dit encore «Jpc»). Ainsi, un certain John Boardman met au point une
version épistolaire du jeu Diplomacy et édite même un fanzine pour l'occasion. Pour certains, John Boardman serait même le réel inventeur des
Jpc.
En 1972, c'est le premier tournant. Il est hélas commercial. Un dénommé Rick Loomis lance une société de jeu par correspondance (JpC)
payant : Flying Buffalo. C'est en fait à l'armée, deux ans plus tôt, qu'il met au
point un wargame et contacte plusieurs lecteurs de «The General», le magazine des éditeurs de wargames Avalon Hill. Mieux: Rick Loomis imagine
que les machines, pas encore appelées micro-ordinateurs, peuvent l'aider à
arbitrer son jeu. Un ami lui écrit un programme. Et en 1972, Rick Loomis va pouvoir arguer: «We Created the Play By Mail Industry» (Nous avons créé
l'industrie du jeu par courrier). Un slogan qu'il utilise toujours, aujourd'hui.
A la fin des années 70, c'est au tour de l'Angleterre de se mettre à jouer par correspondance. L'engouement va être rapide. Très vite, des fanzines se
créent, les jeux se multiplient, et une nouvelle façon de jouer s'impose. Avec, là encore, une bataille entre les partisans de la gratuité et ceux du
commerce. «Flagship», revue professionnelle, fédère alors tous les Jpc
anglais.
En France, c'est au début des années 80 que les JpC déboulent. Toujours
pour pallier au manque de joueurs dans une même ville. Mais, ici, l'engouement est moindre. Et seules quelques revues comme Casus Belli s'en
font l'écho.
Puis survient le Grand Tournant: Internet. Dès la fin des années 80, des
étudiants américains troquent leurs timbres pour leurs adresses électroniques et les PBeM (Play by E-Mail, Jeux par courrier électronique)
naissent. Cette fois, c'est parti. Et pour de bon. États-Unis, Japon, Europe, au fur et à mesure que le Net s'implante,
les PBeM se propagent.
En France, on comptabilisait moins d'une dizaine de jeux en 1997 pour plus
de 150 actuellement, et plusieurs milliers de joueurs. Au départ, les jeux étaient souvent l'adaption electronique de jeux postaux (tels que le jeu de
foot "United" créé par l'Anglais Alan Parr). Désormais, bien des jeux disponibles sont des originaux créés spécfiquement pour Internet et se
detachent de plus en plus des lointains modeles (Donjons et Dragons, jeux de plateau, etc.).
La très grande majorité des jeux présents sur le marché francophones sont des jeux gratuits, alors que les societés qui essayent de s'implanter (avec
plus ou moins de succés) sont généralement issues du JPC.
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